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Catégorie : Notre approche
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La vie professionnelle durerait-elle seulement vingt ans que le monde de l’entreprise ne se soucierait pas de gérer la cohabitation intergénérationnelle ; travailler à la coexistence pacifique et productive d’éléments qui n’ont souvent rien en commun. Les générations se succéderaient, parlant chacune son langage et suivant ses propres aspirations. 

 Générations spontanées

Mais, quand l’époque est au rallongement de la durée de cotisation, quand dans une même équipe l’amplitude des âges dépasse parfois quarante ans, il importe de désamorcer le conflit des générations pour mettre à profit tous les savoir-faire : éviter la ségrégation des âges et les malentendus qui, sans cela, naîtraient inévitablement entre des individus aux référentiels si différents.

Différents, d’abord, parce qu’un homme qui a grandi sous la quatrième république, dans la France coloniale, qui écoutait la TSF, a connu la séparation du globe en deux blocs archi militarisés, et se rappelle comme d’hier l’assassinat de Kennedy, n’a pas grand-chose à voir avec un homme qui a grandi à l’ère de la mondialisation, dans une France métissée, est connecté H24 sur les réseaux sociaux, n’a pas fait son service militaire, et pour qui l’Histoire commence avec le 11 septembre 2001.

Différents, aussi, car le rapport au savoir et à l’autorité n’est pas le même, conditionné depuis l’enfance par la relation toujours nouvelle à l’institution scolaire. Une relation passée en moins de soixante ans d’une obéissance aveugle, appuyée sur le rayonnement social de l’enseignant et la crainte des sévices corporels, à une contestation du système, basée sur les statistiques du chômage et l’inutilité d’un savoir encyclopédique à l’heure où l’encyclopédie est accessible en trois clics.

Le slogan de toute une génération

A chaque génération sa philosophie, et sa devise. Pas de slogan commun :

  • Les vétérans (nés avant 1945) : « je travaille donc j’aurai ».
  • Les babyboomers (1945-1960), portés par l’enthousiasme de mai 68 : « je serai, que je travaille ou non ».
  • La génération X (1961-1980), croyant à une nouvelle donne grâce aux nouvelles technologies : « je travaille, je dirigerai ».
  • La génération Y (1981-2000), portée à la débrouillardise par l’utilisation quotidienne d’Internet : « je me distinguerai et on me remarquera ».
  • La génération Z (nés après 2000), enfants de la Crise : « je travaille par obligation, mais je serai chômeur ».

S’il y a conflit de générations c’est parce qu’on les oppose

La problématique du monde de l’entreprise ? Unifier tous ces étrangers. Créer un référentiel commun et une méthodologie du « travailler ensemble ».

Dans cette recherche de team-building, la formation professionnelle s’avère un outil efficace par la richesse des échanges qu’elle permet et la valorisation individuelle qu’elle est susceptible d’offrir à ses participants. Tandis que le management vit souvent comme une contrainte le brassage générationnel, la formation en tire profit, qui vise précisément au partage des techniques et des connaissances. Encore faut-il pour cela qu’elle soit adaptée ! D’autant plus que les temps sont terminés de la Formation « Sécurité Sociale » ; où tout était remboursé, et que les entreprises doivent surveiller avec soin leurs investissements.

Organisez ainsi un cours magistral, avec un rétroprojecteur, et, des babyboomers à la génération Z, bien rares iront au bout du premier calque. Organisez maintenant un serious game, entièrement sur ordinateur, et les générations Y et Z mises à part, vous ne trouverez que murmures et reculons. Des mises en situation filmées ? Bonnes peut-être pour la génération X, elles n’ont jamais séduit les anciens et ne séduiront jamais les jeunes. Une présentation Powerpoint, alors ? Mais où serait la valorisation des babyboomers et de leur expérience ? Où le besoin d’action de la génération X ? Où le besoin d’interaction des dernières générations ? Dans tous les cas, vos employés auront perdu leur temps, et vous aurez perdu votre argent.

Que reste-t-il, pourtant, à l’issue de cette énumération ? Quelle formule peut convenir également à des publics aussi différents ?

La réponse tient en un mot : Ludopédagogie. La pédagogie par le jeu. Mise au point par des chercheurs canadiens, cette méthode consiste à sortir les participants de leur contexte professionnel pour leur faire prendre conscience d’une manière ludique de telle ou telle notion en faisant, à chaque jeu, l’économie de huit heures de slides…

La Ludopédagogie n’est pas seulement un mot, c’est une réponse

Ce n’est pas parce qu’un concept est nouveau que c’est un effet de mode. C’est parfois que le contexte lui-même est inédit et réclame du sur-mesure. Ainsi, dans le cas de la problématique intergénérationnelle.

De fait, les Vétérans mis à part (moins d’1% des actifs), qui ont une préférence marquée pour le didactisme, la Ludopédagogie convient également à toutes les générations, chacune pour des raisons qui lui sont propres. Aux babyboomers, parce qu’elle offre une plus grande liberté et la possibilité d’apprendre par soi-même. A la génération X, parce qu’elle s’inscrit dans la continuité des jeux de rôles sans donner au participant l’impression qu’il est jugé sur ses compétences. A la génération Y, parce qu’elle répond à son besoin d’appropriation systématique du savoir. A la future génération Z, enfin, parce qu’elle présente la connaissance sous un jour moins rébarbatif. Il ne faut pas oublier d’ailleurs que ces deux dernières générations, souvent les moins bien comprises, sont respectivement le présent et l’avenir ; qu’elles constituent ou constitueront le gros des actifs et, par leur tonicité, permettront demain que tous entrent également dans le jeu…

La Ludopédagogie, clé de l’intergénérationnel ?

Génération

Relation à la scolarité

Attentes pédago adulte

Méthodes pédago adaptées

Anciens
Nés avant 45

  • Blouse, tableau noir et bonnet d’âne
  • Pas de souci d’emploi
  • « Je travaille donc j’aurai »

Didactique, descendante exclusivement

Incarner la connaissance et l’expérience ; se poser en référence

Babyboomers
1945 – 1960

  • Conflit avec l’enseignant (mai 68), besoin d’individualité et de liberté
  • Peu de soucis d’emploi
  • « Je serai, que je travaille ou non »

Echanges et respect de l’apprenant (qui a souvent l’impression de tout savoir)

Valoriser l’expérience des participants et respecter leur besoin d’apprendre par eux-mêmes
Pertinence de la Ludopédagogie

Génération X
1961 – 1980

  • Enseignement plus démocratique
  • Découverte de l’informatique et d’un nouveau monde professionnel à conquérir
  • « Je travaille, je dirigerai »

Envie de sortir du théorique pour entrer dans « la vraie vie », la formation doit aider à accéder à des postes à responsabilité

Valoriser les bonnes pratiques des participants au travers de jeux de rôles
Pertinence de la Ludopédagogie

Génération Y
1981 – 2000

  • L’enseignant concurrencé par Internet
  • Crainte renforcée du chômage
  • « J’inventerai et on me remarquera »

Désir d’utiliser son propre référentiel pour s’approprier la connaissance et la mettre « à sa sauce »

Quitter le didactique pur pour une approche plus personnelle d’appropriation (jeux, tests, etc..)
Pertinence de la Ludopédagogie

Génération Z
Nés après 2000

  • Désillusion et remise en cause de l’école comme ascenseur social
  • Crise économique chronique
  • « Je travaille par obligation, mais je serai chômeur »

Des formations toniques et impliquantes
Découvrir un intérêt et une motivation à des tâches subies

Osciller sans cesse entre apports théoriques et outils pédagogiques pour motiver les apprenants
Pertinence de la Ludopédagogie